La stratégie au cœur de l'information

5 octobre 2022

Vladimir Poutine ou la preuve que l’héritier d’un système peut porter le germe de sa propre destruction
Crédit : Vic_B - Pixabay.com

Vladimir Poutine ou la preuve que l’héritier d’un système peut porter le germe de sa propre destruction

Qui pouvait prédire ce destin à la Russie de décembre 1991 lorsque réunis près de Minsk sans le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, Eltsine et ses homologues ukrainiens Léonid Kravtchouk et bélarusse Stanislav Chouchkievitch proclamaient la “mort de l’URSS”. Vladimir Poutine était agent du KGB en service à Dresde en Allemagne. Chef des services secrets KGB en 1999 lorsqu’il est nommé Premier ministre par intérim.

Ce fut le quatrième changement au poste de premier ministre qu’effectuait la même année Boris Eltsine, un président que la presse internationale qualifiait d’ivrogne.

« Découvert un soir à quelques pas de la Maison Blanche ivre, vêtu seulement d’un caleçon et déclarant aller chercher une pizza. »

Extrait d’un ouvrage de 700 pages tiré d’une conversations entre Bill Clinton et le journaliste et historien Taylor Branch.

Vladimir Poutine est devenu président de la fédération de Russie le 31 décembre 2019, avec un service de renseignements affaibli, un budget de la défense dix fois moins élevé que celui des États-Unis, personne ne pouvait imaginer ce retour extraordinaire de la Russie sur le plan international.

« Je dois partir, j’ai fait tout ce que j’ai pu. »

Ce sont les mots du discours d’adieux de Boris Eltsine, ce soir de réveillon du Nouvel An, le 31 décembre 1999.

 « Boris Eltsine était alors très malade. Son entourage s’est rendu compte qu’il était trop risqué d’attendre la fin de son mandat présidentiel. Il était donc temps de passer le flambeau à son successeur désigné, nommé Premier ministre quelques mois plus tôt. Son nom : Vladimir Poutine. L’annonce est faite le soir du réveillon du Nouvel An. Les téléspectateurs ont les yeux rivés sur la télévision pour regarder des comédies, des émissions de variétés et… pour suivre les traditionnels vœux du président. »

Racontait Galina Polonskaya le correspondant d’Euronews.

Août 2013, Vladimir Poutine a offert l’asile à l’américain Edward Snowden. Selon Washington il représentait un risque de sécurité comparable à Oussama Ben Laden. Washington avait convaincu ses alliés qui ont bloqué l’avion présidentiel de Morales suspectant de transporter Snowden. Poutine avait alors rappelé que la Russie était le seul État capable de résister aux exigences de Washington. L’indépendance de l’Ossétie, l’Abkhazie, le retour de la Crimée, le dossier syrien et aujourd’hui l’explosion de l’Ukraine redonnent à la Russie son rang de grande puissance.

Porté au pouvoir en 2017 par l’ex-président Jose Eduardo Dos Santos, Joao Lourenzo a créé la surprise inimaginable par les caciques proches du pouvoir. Le nouveau président a lancé une vaste croisade anti-corruption dans le pays touchant les proches de l’ex-président José Eduardo Dos Santos, y compris ses enfants. Bonseque Mboso Mansoni proche de l’ex-président arrêté et condamné, l’homme d’affaires Eugénio Ferra arrêté et condamné, le fils de M. dos Santos, José Filomeno dos Santos arrêté et condamné, la fille de Dos Santos Isabel dos Santos arrêtée et condamnée, Carlos Manuel de Sao Vicente homme d’affaire et beau fils de Dos Santos arrêté et condamné, cette croisade qui dure depuis des années fait des victimes dans le clan de l’ex-président, Lourenzo a déclaré être déterminé à aller jusqu’au bout.

Au Cameroun, alors que le nom de Franck Biya est de plus en plus évoqué dans la rue pour diriger le pays après le départ de Paul Biya âgé de 89 ans, une opposition essaie de convaincre qu’il est porteur des gènes du système actuel et ne pourra apporter aucun changement. Le cas de Vladimir Poutine rappelle qu’il est possible à l’héritier d’un système d’apporter une révolution.

Partager l'article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.