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5 octobre 2022

Cameroun : après les BTP, l’armée passe à l’étape de l’industrialisation
Credit Photo : MINDEF

Cameroun : après les BTP, l’armée passe à l’étape de l’industrialisation

En 2019, une forte délégation constituée de 15 hauts responsables de l’administration et de l’armée kenyane ont séjourné à Yaoundé. Le but de leur mission, solliciter l’expertise du génie militaire camerounais.

« Les autorités de mon pays souhaitent aussi que le Cameroun aide le génie militaire kenyan à densifier son action dans les projets de développement. »

Expliquait le General Kenyan James Gitibaa la presse.

Pour les membres de la délégation kenyane :

« Le Kenya n’arrive pas à mener à bien les travaux de réhabilitation de la route entre Isiolo, dans le nord-est du Kenya et mandera sur le territoire somalien. Une zone infestée de soudards de la secte islamique somalienne des Shebab. » ensuite de préciser « L’expérience du génie militaire camerounais en matière de construction de routes en zone d’insécurité sur financement de la Banque mondiale ».

Au Cameroun les projets sous financement de la Banque mondiale et autres bailleurs de fonds sont généralement marqués de la mention immature. Contrairement à l’administration civile, ces financements sont bien gérés par l’armée dans différents projets sur le territoire. Ce qui rassure les observateurs quant à la capacité de l’armée camerounaise à se lancer dans l’industrialisation. Le 6 avril dernier, un groupe de travail chargé de mener la réflexion censée développer les capacités militaro-industrielles de l’armée camerounaise a été installée par le ministre de la défense, Joseph Béti Assomo.

La cérémonie d’installation des 20 membres de la commission a été co-présidée par le ministre de la défense et son homologue du MINEPAT. L’industrialisation doit rimer avec la SND30.

« Les forces de défense et de sécurité jouent un rôle pivot dans le processus permettant à un pays de muscler […] les filières industrielles dans la marche vers l’émergence économique. », a expliqué Joseph Beti Assomo avant de poursuivre « Conquérir l’autonomie stratégique afin de ne plus entièrement dépendre de nos partenaires étrangers pour leurs équipements de défense, se mettant ainsi à l’abri des contingences, de soubresauts des relations entre les États. »

Notons qu’il y a quelques années, le ministre de la défense recevait une délégation turque conduite par le général de division Saban Umut, sous-secrétaire d’État à l’industrie du ministère turque de la défense. Après des entretiens avec le chef d’état-major le général Meka et le secrétaire à la défense, les deux parties ont conclu de l’installation au Cameroun d’une usine de fabrication d’armes et munitions.

Plusieurs armées en Afrique ont un pied dans l’industrialisation, c’est le cas du Nigeria et ses ingénieurs de l’armée qui produisent des véhicules de combat, en Éthiopie l’armée investit aussi dans l’agro-industrie et en Algérie deux groupes industriels allemands, Rheinmetall et Ferrostaal, produisent dans une usine de fabrication de blindés d’une capacité annuelle de 120 chars.

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