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5 octobre 2022

Zalensky-France, le Cameroun avait compris cela depuis
Crédit : SSG Kaily Brown - commons.wikimedia.org

Zalensky-France, le Cameroun avait compris cela depuis

Lié par les accords de défense avec la France, le Cameroun avait certes une armée, mais elle devait compter sur la France en cas d’agression selon le pacte colonial jusque-là en vigueur. La désillusion commence lorsqu’il fallait combattre le phénomène des Zarguinas (coupeurs de routes) dans la partie nord du pays.

Pendant plusieurs dizaines d’années, des centaines de familles ont été endeuillées, des milliards de pertes financières du fait des coupeurs de routes qui finirent par prendre une ampleur régionale. Jusqu’en 1998, malgré le supposé soutien de la France, la pathologie s’est aggravée et l’état d’insécurité semblait irréversible selon les observateurs. En 1999 le président Paul Biya a contourné la coopération française et fait appel à un colonel à la retraite, le colonel Pom qui va mettre sur pieds le Bataillon Léger d’Intervention (BLI), unité récupérée quelques temps après par Abraham Sivan, colonel israélien, pour en faire le BIR. C’est cette unité créée loin du cadre de la coopération française qui viendra à bout des Zarguinas coupeurs de routes.

En décembre 1993, les forces armées nigérianes occupaient par les armes certaines localités de la péninsule Bakassi, malgré les multiples rappels à l’ordre du gouvernement camerounais et de quelques institutions internationales et régionales. Le 21 décembre 1993, ils installèrent le drapeau nigérian sur la péninsule. Pendant que les camerounais se battaient pour repousser l’armée nigériane, la France faisait jouer les accords de défense en envoyant des soldats instructeurs stationner à Buea. Il y a eu deux affrontements, un premier en 1993 et un second en 1996. L’armée camerounaise devait tenir longtemps en attendant la décision de la CIJ. Une fois de plus le Cameroun a compris qu’il ne pouvait en aucun cas compter sur le soutien militaire français pour sa sécurité.

Après la création du BIR et la réforme de l’armée camerounaise en 2001, plusieurs unités d’élites ont été mises sur pieds. Lorsque six français sont détenus en otage dans la péninsule de Bakassi en 2007 par le groupe rebelle Balassi Freedom Figther, c’est la nouvelle armée camerounaise qui alla les libérer.
Plusieurs accords sur la sécurité ont été signés entre les présidents Buhari du Nigeria et Paul Biya du Cameroun à l’occasion des différentes visites à Abuja et Yaoundé. Si tout cela a été possible, c’est grâce à la bravoure de l’armée et de la diplomatie camerounaise, surtout sa force de dissuasion mise en exergue dans la lutte contre Boko Haram et l’érection de cinq bases militaires dans la péninsule avec un déploiement massif des forces du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR). Avec la France c’est désormais une coopération entre États au même titre que sont le Cameroun et la Turquie, le Brésil, la Chine, l’Espagne etc.

En 2022 le Cameroun a gagné 4 points dans le classement mondial des puissances militaires, le pays figure dans le top 20 des armées africaines. Dans un reportage sur TF1 publié le 21 mars 2021, le golfe de Guinée est devenu ces dernières années le cauchemar des navires transporteurs, des enlèvements de marins étant très fréquents dans la zone. Dans ce même reportage le journaliste concluait en disant :

« Néanmoins, depuis la mise en place de ce dispositif de protection de l’armée camerounaise, aucune attaque pirate d’envergure n’a eu lieu dans cette partie camerounaise du golfe de Guinée. »

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