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5 octobre 2022

Comprendre la Chine-Cameroun : le cas du riz de Nanga Eboko

Comprendre la Chine-Cameroun : le cas du riz de Nanga Eboko

En 2006 le Cameroun est nostalgique des années 1985 lorsque le pays était autosuffisant  pour la production et consommation du riz, à elle seule la Semry faisait 110 milles tonnes l’an, ceci sans citer les productions de la  SODERIM, de l’Upper Wun Valley Development Authority (l’UNVDA) au Nord-Ouest… Cette année 2006, alors que le pays importait 90 % de sa consommation, le Cameroun a fait confiance à la Chine et ses promesses de coopération gagnant-gagnant. Après l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE l’empire du milieu avait fait la promesse de soutenir le Cameroun qui venait de faire le pari de stopper les importations de riz en boostant sa production locale.

Le gouvernement chinois en présentant la société Iko en 2006 annonçait la construction d’un centre pilote à Nanga Eboko pour former et soutenir les producteurs camerounais dans la culture du riz. Officiellement, Iko devait lancer un site expérimental sur 100 hectares. Trois ans plus tard, ce n’était plus 100 hectares, mais 6000 hectares selon les révélations faites par un cadre du Minader au Messager.

Sur les 6000 hectares la Chine produit du riz destiné au marché chinois, révélait Bernard Njonga de l’ACDIC. Chez Iko les camerounais travaillent de 7H à 17H pour un salaire de 1000 FCFA la journée. Pour les patrons chinois soutenus par les autorités locales, ce salaire est bien payé à en croire une enquête du journal Le Jour.

15 ans après les accords avec la Chine sur le riz, le Cameroun qui produisait il y a 35 ans 110 milles tonnes totalise en 2021 à peine 140 170 tonnes à l’échelle nationale. Le riz chinois produit au Cameroun est qualifie de riz fantôme, destiné à l’exportation.

Le Cameroun a importé pour 232 milliards de FCFA de riz en 2019 et a réexporté la même année pour 87 milliards dans la sous-région. Un paradoxe dans un pays ou 71 % des terres arables sont inexploitées selon l’ACDIC, où on peut développer le riz Pluvial sur les montagnes ou le riz irrigué sur les gigantesques vallées que possède le pays.

La collusion entre les chinois et certains fonctionnaires camerounais s’annonce plus foudroyante que ce qu’était la France-Afrique. Des fonctionnaires à qui Paul Biya a tout donné et qui au final trahissent sa vision.

‘’Nous devons renforcer la gouvernance dans la gestion de nos finances publiques, en luttant contre la corruption et le détournement des deniers publics. Par conséquent, tous ceux qui se rendent coupables de malversations financières ou d’enrichissement illicite, en assumeront les conséquences devant les juridictions compétentes.’’ Paul Biya, le 31 Décembre 2021.

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