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12 septembre 2026

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LE CAMEROUN AVAIT ÉTÉ PRÉVENU : LES EAUX MONTENT, LES ALERTES S’ACCUMULENT

Le ciel s’assombrit, les pluies s’intensifient et une question commence à hanter les populations : combien d’alertes faudra-t-il avant que les inondations cessent d’être considérées comme une fatalité ?

Entre les 19 et 20 août 2026, le Cameroun traverse une période particulièrement sensible de sa saison des pluies. Plusieurs régions sont exposées aux inondations, aux glissements de terrain et aux conséquences de précipitations prolongées.

Et cette fois, personne ne peut véritablement dire que le danger était imprévisible.

Dès le 11 août, l’Observatoire national sur les changements climatiques (ONACC) avait placé sept régions sous surveillance face au risque d’inondations. Son bulletin signalait notamment les dangers liés aux pluies torrentielles successives et aux difficultés de drainage.

À Douala, la bataille commence dans les caniveaux

Le 19 août, pendant que la pluie continue de menacer la capitale économique, une autre bataille se joue au ras du sol.

À Douala II, les services municipaux intensifient les opérations de curage des caniveaux. Boues, déchets et dépôts sont retirés afin de libérer les voies d’évacuation des eaux.

L’objectif est évident : empêcher que la prochaine forte pluie ne transforme encore les rues en rivières.

Les opérations sont menées sous l’impulsion de la maire de Douala II, Denise Fampou, alors que les équipes d’hygiène et de salubrité sont mobilisées dans plusieurs secteurs de l’arrondissement.

Mais ces interventions révèlent également l’une des grandes vulnérabilités de Douala : quand les drains ne parviennent plus à évacuer suffisamment rapidement les eaux, quelques heures de fortes précipitations peuvent bouleverser toute une partie de la ville.

Douala avait déjà goûté à la colère des eaux

Quelques jours auparavant, le spectacle était saisissant.

Des pluies abondantes avaient laissé plusieurs secteurs de Douala sous les eaux. Des routes étaient devenues difficiles, parfois impossibles à emprunter. À Makepe-Missoké, un pont avait été submergé. La montée de la rivière Banya avait compliqué les déplacements.

Au marché Ndogpassi III, l’eau avait gagné une partie des installations, obligeant des commerçants à protéger ou déplacer leurs marchandises.

À Mambanda, Bepanda, Akwa et Makepe, vivre avec la saison des pluies signifie désormais, pour certaines familles, apprendre à anticiper l’inondation. Cameroon Tribune rapporte même que des habitants de quartiers particulièrement exposés quittent temporairement leur domicile lorsque les pluies deviennent trop fortes.

Voilà peut-être le chiffre le plus inquiétant de cette histoire : zéro.

Zéro surprise.

Car les zones vulnérables sont connues.

Les périodes dangereuses sont surveillées.

Et les habitants savent déjà ce qui peut arriver.

Le 20 août, l’alerte devient nationale

Le 20 août, le problème dépasse largement Douala.

Limbé, Bamenda, Ngaoundéré et certaines zones de l’Extrême-Nord sont confrontées aux conséquences des fortes pluies et des phénomènes associés. À Limbé, les pluies torrentielles du début du mois avaient déjà provoqué un glissement de terrain meurtrier à Mbende.

Le Cameroun comprend alors que cette saison des pluies ne constitue pas seulement un problème de circulation.

Elle peut tuer.

Elle peut détruire une maison.

Elle peut ruiner les marchandises d’un commerçant.

Elle peut isoler un quartier.

Elle peut forcer une famille à abandonner temporairement son domicile.

Le paradoxe de Douala

Et pourtant, Douala continue de grandir.

Immeubles, commerces, routes, quartiers populaires, zones résidentielles : la capitale économique s’étend et concentre une part essentielle de l’activité du pays.

Mais sous cette métropole se joue une autre bataille : celle de l’eau contre la ville.

Les autorités connaissent le problème. Les investissements existent également. Un appel d’offres de la Communauté urbaine de Douala concernant Makepe-Missoké prévoit justement la construction de voiries, d’un réseau d’assainissement, de voies piétonnes et de jardins filtrants. Fait particulièrement symbolique : l’ouverture des offres était programmée précisément le 19 août 2026.

Voilà toute l’ironie de cette semaine d’août.

Pendant que Douala lutte contre les eaux, Douala prépare aussi les infrastructures censées mieux les maîtriser demain.

Après l’alerte, l’heure des responsabilités

Il serait trop simple de réduire chaque inondation à une « catastrophe naturelle ».

La pluie est naturelle.

Mais la vulnérabilité d’une ville dépend également de son urbanisation, de ses drains, de l’entretien des caniveaux, de l’occupation des zones à risque, de la gestion des déchets et de la capacité des pouvoirs publics à anticiper.

Lorsque l’alerte météorologique existe, elle doit devenir une décision.

Lorsque le risque est connu, il doit devenir prévention.

Lorsque les mêmes quartiers sont touchés année après année, il faut finir par poser la question que beaucoup de Doualais se posent déjà :

Attendons-nous vraiment la prochaine pluie pour recommencer à agir ?

Les journées des 19 et 20 août 2026 doivent rester comme un avertissement.

Durant ce mois d’août, le Cameroun à été prévenu.

La pluie, elle, n’avait pas promis d’attendre.

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