Lettre ouverte à la jeunesse camerounaise et africaine
Cameroun Liberty a décidé aujourd’hui de poser ses valises dans un pays que tout le monde connaît, un pays que beaucoup appellent encore la terre promise : la France. Ce pays qui fait rêver des milliers de jeunes Africains, persuadés qu’il suffit de traverser la Méditerranée pour voir leur destin basculer. Pourtant, une fois sur place, nombreux sont ceux qui découvrent une réalité bien différente, parfois brutale, souvent silencieuse, mais profondément marquante.
Il ne s’agit pas ici d’appeler à la haine, ni de dresser les peuples les uns contre les autres. Il s’agit de dire la vérité, celle que l’on tait trop souvent sur les plateaux de télévision et sur les réseaux sociaux enjolivés. Car ce que beaucoup de jeunes ne savent pas avant de partir, c’est la violence quotidienne du racisme, ordinaire ou décomplexé, que vivent de nombreux Noirs en France.
Il suffit d’ouvrir les réseaux sociaux français pour lire des messages d’une rare brutalité : insultes, amalgames, déshumanisation. Le mot “nègre”, que l’on croyait relégué à l’histoire la plus sombre, y circule encore trop librement. Et cela doit nous alerter.
La France semble parfois oublier une question essentielle : que serait-elle sans les étrangers ? Sans ces hommes et ces femmes venus d’ailleurs qui travaillent, soignent, construisent, nettoient, créent, innovent et, parfois même, la font rayonner dans le monde.
L’exemple de Marie-José Pérec reste gravé dans les mémoires. Championne du monde, triple championne olympique, médaillée d’or, elle a porté la France au sommet de l’athlétisme mondial. Tant qu’elle gagnait, elle était célébrée comme une héroïne nationale, comme “la Française Marie-José Pérec”.
Mais le jour où sa vie personnelle a vacillé, le jour où la fragilité humaine a pris le dessus, le regard a changé. Subitement, elle est redevenue “la Guadeloupéenne”. Comme si ses victoires n’avaient jamais existé.
C’est là que réside une vérité dérangeante : quand le Noir gagne pour la France, il est Français ; quand il dérange ou qu’il chute, il redevient étranger. Cette logique est dangereuse, injuste et profondément blessante.
À la jeunesse camerounaise, Cameroun Liberty veut dire ceci : réfléchissez avant de partir. Ne croyez pas tout ce que vous voyez sur les réseaux. La devise “Liberté, Égalité, Fraternité” est belle, mais elle n’est pas toujours respectée pour tous de la même manière. L’exil n’est pas toujours la solution, et le salut ne se trouve pas forcément ailleurs.
Rester, construire, se battre chez soi, transformer son pays, créer de la valeur en Afrique, voilà aussi une forme de courage. Le Cameroun a besoin de ses enfants. L’Afrique a besoin de ses talents.
Cet article n’est pas une condamnation, mais un appel à la lucidité. Un appel à la dignité. Un appel à l’unité.
Parce que notre avenir ne doit pas être dicté par des illusions, mais construit par des choix éclairés.
Cameroun Liberty informer pour protéger, dénoncer pour faire évoluer.