La France aime se présenter comme une terre de liberté, d’égalité et de fraternité.
Mais pour des millions d’Africains et de Français noirs ou arabes, la réalité est souvent plus complexe et parfois plus brutale.
Soyons clairs :
Nos articles ne sont pas écrits pour attiser la haine.
Ils sont écrits pour provoquer une prise de conscience.
Une France ambivalente face aux étrangers
La France refuse les étrangers… jusqu’au jour où elle en a besoin.
Main-d’œuvre, artistes, sportifs, chercheurs, entrepreneurs : lorsqu’ils servent l’économie ou l’image du pays, ils sont valorisés. Lorsqu’ils réussissent trop, parlent trop fort, ou dérangent l’ordre établi, ils deviennent soudain des sujets de controverse.
Cette contradiction n’est pas qu’un ressenti.
Elle alimente depuis des années un débat public profond sur l’intégration, l’égalité des chances et le traitement médiatique des minorités.
Quand la réussite devient une cible
De nombreux membres de la diaspora africaine en France le disent :
Réussir peut exposer.
À mesure qu’un Noir ou un Arabe gagne en visibilité, sociale, médiatique ou financière, les soupçons peuvent émerger : accusations rapides, récits orientés, rumeurs amplifiées sans toujours laisser place à la nuance.
Certains médias, y compris des titres populaires comme Le Parisien, ont parfois été critiqués pour privilégier le sensationnel à la prudence.
Et lorsque les accusations s’effondrent ?
Le préjudice d’image, lui, reste.
Liberté d’expression : pour qui, exactement ?
La France revendique la liberté d’expression comme un pilier républicain.
Mais cette liberté est-elle perçue comme égale pour tous ?
Lorsque certains médias publient des enquêtes controversées ou des caricatures provocatrices, cela relève du « droit à l’information ».
Lorsque des figures issues des minorités prennent la parole de manière polémique, les réactions institutionnelles peuvent être rapides et sévères.
Le cas de Dieudonné, humoriste franco-camerounais régulièrement sanctionné par la justice française pour des propos jugés antisémites ou incitant à la haine, a cristallisé ce débat pendant des années.
La question mérite d’être posée sans détour :
La liberté d’expression est-elle vécue comme universelle ou conditionnelle ?
Le silence qui blesse
Ce qui choque le plus une partie de la diaspora camerounaise en France, ce n’est pas seulement la violence symbolique.
C’est le sentiment de silence.
Le silence perçu de certaines institutions.
Le silence judiciaire lorsque des accusations sont classées sans suite.
Le silence d’une partie du paysage médiatique.
Et parfois, le silence de la diaspora elle-même, par crainte de marginalisation.
Un cri, pas une menace
Que les choses soient claires :
Ce texte n’est pas une déclaration de guerre.
C’est un cri d’alerte.
Le cri d’une jeunesse noire, africaine, camerounaise, qui affirme simplement :
« Nous refusons d’être traités comme des citoyens de seconde zone. »
L’époque de la soumission silencieuse est révolue.
Pas par la violence.
Mais par la parole, le droit, l’intelligence et la solidarité.
À la France, une question directe
La France doit se poser une question fondamentale :
Veut-elle réellement être fidèle aux valeurs qu’elle proclame ?
Car on ne peut pas :
- Célébrer la diversité
- Tout en tolérant la stigmatisation
- Invoquer la liberté
- Tout en la restreignant selon l’identité de celui qui parle
Le Cameroun et sa diaspora : une seule voix
Le Cameroun, comme beaucoup de nations africaines, ne demande pas la charité.
Il demande le respect.
Sa diaspora n’est ni un problème, ni une menace.
Elle est une richesse humaine, intellectuelle et culturelle.
Ignorer cette réalité, c’est risquer d’approfondir les fractures.
Dire la vérité n’est pas un crime
Ce texte est volontairement direct.
Parce que les débats qu’il évoque le sont aussi.
Comme l’a souvent rappelé la presse internationale, notamment The New York Times, le rôle du journalisme n’est pas seulement de relayer l’information, mais aussi de questionner les pouvoirs et de susciter la réflexion.
Cameroun Liberty continuera de parler.
Sans haine.
Sans mensonge.
Mais sans peur.
Parce qu’il est temps que certaines conversations soient menées avec lucidité, courage et responsabilité.