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26 octobre 2026

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Paul Biya Face à la crise française : ce que dit, et ce que ne dit pas, Yaoundé

Pendant que Paris s’enflamme à six mois de sa présidentielle, Yaoundé garde le silence. Un silence qui en dit long sur un pouvoir de 43 ans, devenu lui-même une question en suspens.

Paul Biya n’a, à notre connaissance, fait aucune déclaration publique sur la crise politique qui secoue actuellement la France. Ce silence n’a rien d’une surprise : le président camerounais, 93 ans, parle peu, et presque jamais sur les affaires intérieures des autres. Mais il oblige à poser la vraie question, celle que Paris et Yaoundé se posent en miroir : qui tient encore la barre ?

Paris sous tension

Le 17 octobre 2026, une journée nationale de mobilisation contre la « vie chère » a eu lieu en France. Le 19 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est exprimé à l’issue d’une cellule interministérielle de crise, alors que des violences touchaient le pays, à six mois de l’élection présidentielle (Boursorama). Les détails de ces violences restent à confirmer auprès de sources complètes ; nous ne les extrapolons pas.

Yaoundé, un pouvoir sans horizon

Côté camerounais, la situation n’est pas plus sereine. Le Conseil constitutionnel a proclamé Paul Biya vainqueur de la présidentielle du 12 octobre 2025 avec 53,66 % des suffrages, pour un huitième mandat (AllAfrica). Ce scrutin a laissé des tensions post-électorales et des violences qui, selon le ministère français des Affaires étrangères, auraient fait au moins douze morts.

Un an plus tard, la question de la succession pèse sur le pays. Le 16 octobre 2026, l’agence Fitch a abaissé la note souveraine du Cameroun de B à B-, perspective stable, en citant l’incertitude sur la succession du président et le durcissement des conditions de financement de l’État (Financial Afrik). Les marchés disent tout haut ce que les Camerounais murmurent depuis longtemps.

Deux capitales, deux années de défiance

Les relations entre les deux capitales n’ont rien d’une lune de miel. Après la réélection de Paul Biya, Paris n’a adressé aucune félicitation, contrairement à son habitude. Les 29 et 30 octobre 2025, le Quai d’Orsay a exprimé sa « vive préoccupation », appelé à la retenue et réclamé la libération des manifestants détenus arbitrairement (AllAfrica). Quand la France est elle-même en crise, elle a peu de marge pour faire la leçon ; et Yaoundé, de son côté, n’a aucun intérêt à commenter.

Ce que ce silence révèle

On peut lire ce silence de deux façons. Soit comme la prudence d’un pouvoir qui sait qu’il est lui-même observé. Soit comme le reflet d’un système où le chef de l’État s’exprime si rarement que son silence est devenu une politique. Dans les deux cas, ce sont les Camerounais qui paient le prix de l’incertitude, de la vie chère à l’inquiétude sur la succession.

La véritable leçon de ce parallèle est peut-être là : à Paris comme à Yaoundé, la rue n’attend plus de réponses abstraites. Elle attend des comptes.

Sources

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